J. Volkelt, Schop., etc., p
sée moderne par Descartes, par Berkeley et par Kant, — il aurait pu ajouter par Fichte. Car c'est le mérite commun de ces penseurs d'avoir montré que, parmi les énigmes que nous propose le monde, la plus surprenante, la plus proche de nous est ce fait, que l'existence de ce monde « est suspendue à un fil unique et léger », à savoir et la conscience particulière dans laquelle elle est présente1 ». Supprimez la conscience du sujet, toute représentation s'évanouit, et, avec elle, tout objet, c'est-à-dire, en définitive, le monde entier. Car le propre de l'objet, c'est précisément d'être tel pour un sujet, c'est-à-dire de rentrer dans sa représentation : « Objet et représentation sont même chose » ; d'où il suit que « le monde entier des objets est et reste représentation 2 ». Seule, la conscience est immédiatement donnée, et le monde ne l'est que par elle3.
Or de quelle nature sont ces propositions, qui n'énoncent, à vrai dire, qu'une même et unique vérité? Il est évident qu'elles sont a priori; car elles expriment « la forme de toute expérience possible et imaginable4 », et sont, à ce titre, constitutives de l'expérience même. On reconnaît, aux termes de cette explication, l'influence directe de Kant. Comme ce dernier, Schopenhauer remonte, par une analyse abstraite, du conditionné à la condition. Si, en effet, on analyse logiquement cet ensemble d'existences extérieures à la conscience qu'on appelle Monde, il est évident que la formule de Berkeley reste vraie : tout l'être de ce monde consiste à être perçu ;