‹ SchopenhauerChapitre 103 sur 266 · Ibid.y p · texte numérisé non relu

Ibid.y p

posteriori, déjà fournie par Kant, et que Schopenhauer reprend à son compte : l'espace est purement idéal pour cette raison de fait que nous pouvons, par la pensée, supprimer tout ce qu'il contient, sans pouvoir le supprimer lui-même. « Quelque monde que je puisse imaginer, toujours l'espace est là le premier et ne veut céder place1. » C'est donc qu'il est inhérent à ma représentation, qu'il en est la forme, qu'il est, comme elle, une manière d'être du sujet; et il n'en va pas différemment du temps.

Schopenhauer a donc trouvé chez Kant le point de départ de sa théorie de la représentation. Nous savions déjà que, de la critique, il accepte presque sans retouches l'Esthétique transcendantale. Mais est-ce à dire qu'il y soit resté fidèle? N'est-il pas évident, au contraire, que dès les premières pages du Monde, il va bien au delà des thèses essentielles de la Critique?

Ce n'est pas simplement, en effet, avec le réalisme vulgaire que Schopenhauer vient de rompre, à la suite de Descartes, de Berkeley et de Kant. Descartes et Kant trouvent encore dans l'entendement des raisons de croire à l'existence du monde extérieur, et Berkeley même maintient l'existence objective des idées à titre d'eôets de la causalité divine. Schopenhauer, au contraire, professe, en ce qui concerne la connaissance, le subjectivisme le plus outrancier ; il l'a même accentué dans la seconde édition du Monde. On trouve, à la fin du premier chapitre des Suppléments, un curieux dialogue de la Matière et du Sujet, où celui-ci proclame énergiquement : « Je suis, et en dehors de moi il n'y a rien. Car le monde est ma représenta-

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