‹ SchopenhauerChapitre 106 sur 266 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Schopenhauer définit expressément la chose en soi : « Ce qui existe indépendamment de notre connaissance et de toute connaissance » (ibid,, p. 18)

4. Voir la fin du dialogue du Sujet et de la Matière, ibid., p. 28.

LA REPRÉSENTATION

secrètement préoccupé *. Sans doute, en analysant le monde delà représentation, Schopenhauer pense continuellement à la chose en soi, et, tout ce qu'il attribue à celui-là, il s'apprête à en dépouiller celle-ci. Mais, précisément parce que la chose en soi ne revêt aucun des caractères de la représentation, on ne peut ici parler de dualisme. Chez Kant, la chose en soi constitue encore un monde, qui se superpose à celui des phénomènes ; le premier est tout au moins déterminable comme « limite » du second et, dans une certaine mesure, il admet l'application des formes de la raison, calquées elles-mêmes sur celles de l'entendement. Chez Schopenhauer, la séparation est beaucoup plus profonde. Tout parallélisme disparait entre l'illusion, objet de connaissance, et l'être réel mais inconnaissable ; et, si ce dernier est accessible, il le sera par une intuition immédiate, d'où sera exclue la dualité inhérente à la représentation.

S 2. — Les Lois de la représentation.

Le monde est ma représentation, et cette représentation est illusoire, en ce sens qu'elle n'exprime rien d'absolu. Mais cette illusion a un ordre; elle est objet de connaissance. Quel est cet ordre? Comment cette connaissance est-elle possible ? Ce problème, tout kantien, est, à vrai dire, le premier que s'est proposé Schopenhauer et forme l'objet de sa thèse de doctorat.

De l'axiome initial : « les phénomènes sont la représentation du sujet », il résulte immédiatement que les lois

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