Ibid., g 52, p
LA REPRÉSENTATION
du principe diffère de la conception leibnitzienne. Il ne saurait être question ici d'un ordre métaphysique, en vertu duquel les choses réaliseraient chacune le plus haut degré de perfection compatible avec leur situation dans l'ensemble des choses. Le terme de principe ne conserve même pas ici, comme le croit Volkelt, son acception criticiste. En. effet Schopenhauer le formule expressément en ces termes : « Toujours et partout une chose quelconque se produit en vertu d'une autre1 ». Sans doute Kant n'eût point désavoué la lettre de cette maxime ; n'a-t-il pas luimême, en tête de la table des principes, inscrit cette formule très voisine de celle de son disciple : a Tout objet est soumis aux conditions nécessaires de l'unité synthétique du divers de l'intuition dans l'expérience possible2 »? Mais qu'on se garde de confondre; cette formule énonce uniquement, chez Kant, « le principe suprême de tous les jugements synthétiques»; elle est la condition suprême de l'exercice objectif du seul entendement. Chez Schopenhauer, au contraire, le principe de raison suffisante gouverne indistinctement la perception sensible et la pensée abstraite. Or il n'y a pas là, entre les deux formules, une simple différence de généralité ; nous touchons, au contraire, ici à Tune des plus profondes divergences qui séparent le criticisme de Schopenhauer de celui de Kant : Schopenhauer a supprimé radicalement la distinction kantienne de l'entendement et de la sensibilité ; percepts et concepts relèvent également, d'après lui, d'une même et unique faculté de représentation, et le principe de raison suffisante n'énonce rien de plus que la loi générale de la liaison du