Cf. g 33, p. 12C
LA REPRÉSENTATION
Aussi bien, la distinction des quatre formes du principe de raison suffisante ne jouera-t-elle, dans le système de Schopenhauer, qu'un rôle des plus secondaires. Seul, le principe de la volition, le motif, se retrouvera, dans la théorie de la volonté et dans la morale, investi d'une réelle importance. A dire vrai, de la thèse de doctorat, ce que Schopenhauer a conservé de plus essentiel, c'est moins la distinction des « racines » du principe de raison suffisante que certains corollaires, à peine indiqués dans la thèse de 1813, mais qui ne tarderont pas à devenir partie intégrante et essentielle de l'œuvre définitive.
Deux de ces corollaires méritent de nous retenir; l'un concerne le monde sensible; l'autre, la nature même du sujet pensant.
S 3. — Le monde sensible, la matière.
Nous avons vu plus haut que l'objet et le sujet se supposent réciproquement. Pas de sujet qui ne soit la conscience d'un objet; pas d'objet qui n'apparaisse dans une conscience. Volkelt a défini avec raison cette doctrine un « corrélativisme 1 ». Dès lors, il ne saurait y avoir, entre le sujet et l'objet, entre l'esprit et les choses, aucune relation causale, car la causalité est la loi de succession des représentations aperçues dans le temps, mais aucun intervalle de temps ne saurait séparer les deux termes également constitutifs de toute représentation. Or, de ces prémisses, il résulte à l'évidence que l'idéalisme absolu et le