Bais, suffi*., I 21, p
LA REPRÉSENTATION -
On a peine, toutefois, à se rallier à l'interprétation de Volkelt qui, tout en laissant large part à l'idéalisme de Schopenhauer, prête à ce penseur une inclination inavouée pour le matérialisme1. Il semble au critique allemand que le dualisme de l'entendement et de la matière est plus accentué que celui de l'objet et du sujet, que la matière « sans forme et sans qualité » est si bien dépouillée de tous les caractères de la représentation, qu'elle est rejetée loin du sujet, dans un monde inaccessible où elle subsisterait comme une sorte de chose en soi inconnaissable. Mais on peut répondre que pareille tendance, bien loin d'être orientée dans le sens du matérialisme, s'en détourne radicalement, et que la causalité, en se dépouillant de la forme et de la qualité, n'a plus rien de commun avec la substance des matérialistes ; et s'il y a quelque inconnue qu'il soit permis de pressentir au delà, c'est la chose en soi, cette « volonté », que nous verrons plus loin se dégrader peu à peu en énergies naturelles. Volkelt note encore2 que Schopenhauer restreint volontiers la causalité aux liaisons de l'ordre physique et lui soustrait parfois les phénomènes de la vie intime, ce qui revient, ou ce qui tend à approfondir l'écart entre la matière-cause et le sujet. Il est vrai ; mais les affirmations contraires sont beaucoup plus nombreuses et plus catégoriques 3 ; et lors même que la vie mentale serait mise sur un autre plan que l'expérience sensible, la théorie de la représentation sufûrait à expliquer cette différence. Rappelons-nous, en effet, que, dès 1813, Schopenhauer distin-