Lib., ibid., p. 396, et ch. m, p
extrait inerte des intuitions sensibles. La volonté ne s'explique donc par rien, et Schopenhauer se plaît à répéter qu'elle est c« dénuée de raison » (grandlos), « insondable1 ». C'est, dit-il encore, une connaissance d'un genre tout particulier », qu'on ne peut démontrer » (beweisen), c'est-àdire déduire d'une autre connaissance, mais seulement « mettre en évidence » [nachweisen) , en la transportant de l'expérience individuelle, à laquelle rien ne supplée, à la connaissance abstraite, seule communicable, et à laquelle il faut bien que le sujet recoure pour traduire ses perceptions les plus intimes.
Si notre connaissance de la volonté n'est pas une représentation, ne devra-t-on pas, du moins, accorder qu'elle est une intuition? C'est l'avis de Volkelt2 et, de fait, les termes dont use Schopenhauer, pour décrire le caractère immédiat et alogique de cette aperception intime, rappellent de bien près ceux qu'il emploie pour caractériser l'intuition. Mais, sur ce point, ses déclarations sont formelles : <t La connaissance que chacun a de son propre vouloir n'est pas une intuition, car toute intuition est spatiale - », tandis que l'aperception du vouloir est purement interne et inextensive. Mais, en même temps, il maintient que cette connaissance n'est pas vide et a priori, comme le serait celle d'une simple forme; elle a un contenu et ne peut être donnée qu'a posteriori. Aussi n'en pouvons-nous avoir d'anticipation : nul ne peut connaître a priori son propre caractère 4.
1. Monde, I, § 18, p. 154; § 20, p. 159; § 21, p. 163 ; % 24, p. 176. Cf. Supplém., chap. xvm.