‹ SchopenhauerChapitre 141 sur 266 · Monde, Supplém., ch. xxvm, W., II, p · texte numérisé non relu

Monde, Supplém., ch. xxvm, W., II, p

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l'acte qu'il accomplit, doit naître un individu tout nouveau et cependant semblable à lui, qui prendra sa place? De cela, il ne sait rien, puisqu'il est dénué de pensée. Mais il prend de la perpétuité de son espèce un soin aussi passionné que s'il avait conscience de tout cela. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il veut vivre et exister, et c'est le plus baut degré de ce vouloir qui s'exprime dans l'acte de la génération1 ». De là les ruses, les combats pour conquérir la femelle, les chants, les étalages de vives couleurs, les caresses pour la séduire; de là, chez l'homme, le rôle immense de l'amour, « cause de la guerre et but de la paix, fond de toute pensée sérieuse et objet de toute plaisanterie, source inépuisable d'esprit, clé de toutes les allusions, explication de tout signe muet, de toute proposition non formulée, de tout regard furtif, poésie et aspiration quotidienne du jeune homme et souvent aussi du vieillard, pensée constante de l'impudique, vision involontaire et sans cesse renaissante de l'homme chaste2 ». De là, encore, dans toutes les espèces, la toute-puissance de l'amour paternel, qui fait du plus lâche un animal de combat, l'abnégation des mères, en qui la volonté individuelle n'abdique que pour assurer au vouloir-vivre l'espèce un plus large triomphe.

Nous arrêterons-nous d'ailleurs aux limites de la vie animale ? Les frontières en sont indécises, l'analogie nous presse de les franchir. L'océan végétal, au milieu duquel pullulent les espèces animales, n'est-il pas lui-même agité par la tempête d'un obscur et tumultueux vouloir- vivre? N'observons-nous pas, là encore, la ténacité d'existences

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