En français, à peu près : « Toi et moi, cela fait deux
3. Ce succès fut très vif. Beaucoup de romans de Johanna ont été plusieurs fois réédités. Les œuvres complètes, 24 vol., ont paru à Leipzig, en 1834.
C'était en mai 1814. Schopenhauer partit pour Dresde : il ne devait plus revoir ni sa mère ni sa sœur
Cependant le dernier séjour qu'il fit à Weimar fut pour lui d'un inappréciable profit : il lui ouvrit l'intimité de Gœthe et la connaissance de l'Inde.
C'est la lecture de la Quadruple racine du Principe de Raison suffisante qui attira sur Schopenhauer l'attention de Gœthe. Le poète rencontra le philosophe chez Johanna dans les premiers jours de novembre, l'engagea avenir le voir, et, dès le 24 novembre pouvait écrire à Knebel : « Le jeune Schoppenhauer [sic] m'est apparu comme un homme remarquable et intéressant... Il s'occcupe, avec une sorte d'entêtement pénétrant, à brouiller le jeu de cartes de notre philosophie moderne. On verra si les maîtres du métier le laisseront entrer dans leur corporation. Je le trouve plein d'esprit2. » Ainsi, cinq ans avant la publication du Monde ? le plus grand génie de l'Allemagne avait reconnu l'originalité singulière de celui qui, la veille encore, n'était qu'un étudiant; il avait pressenti l'insurmontable hostilité qui devait diviser Schopenhauer et les « professeurs de philosophie ». Aussi attira-t-il chez lui le jeune philosophe. Son agenda a gardé la trace des entrevues qu'il lui accorda . Sur quel objet roulèrent ces entretiens familiers? C'est d'abord sur les théories optiques chères à Gœthe. Un passage de la dissertation sur le Principe de Raison suffisante avait particulièrement frappé Gœthe; c'est celui où Schopenhauer expose le rôle de l'intuition dans la démonstration géométrique 3. Ce passage rappelait à Gœthe l'em-