‹ SchopenhauerChapitre 151 sur 266 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

3. Voir sur ce rapprochement de l'art et de la science, entre autres, Parerga, II, § 208, W., V, p. 445.

4. Surla mythologie, voir Parerga, II, S 196, ibid., p. 431-432.

SCHOPENHAIFER.

préoccupé de transcrire l'expérience en concepts, pousse plus loin, sans doute, son effort d'abstraction. Mais un obstacle s'oppose à lui. La matière vivante, encore qu'elle obéisse à des lois très générales, ne s'y laisse pas réduire tout entière ; elle est à la fois simplicité et irréductible variété. L'individu exprime l'espèce, mais l'espèce, elle, n'est pas la simple expression^ d'un genre plus vaste. Elle est close dans son incomparable originalité. Bien plus, elle semble avoir une vie propre, car elle lutte pour durer, elle harcèle l'individu pour qu'il perpétue sa race, et se défend contre l'action déformante du milieu. Chez Thomme, même, le problème se complique ; car, si forte est l'originalité du caractère humain, que chaque personne semble à la fois membre d'une espèce et espèce à elle seule1. Ainsi l'entendement échoue à donner du monde sensible une analyse entièrement intelligible; dans l'harmonieuse diversité du donné, quelque chose demeure, que n'expliquent pas les formes du principe de raison. Ne serait-ce pas que la chose en soi a, par quelque biais, pénétré le monde de la représentation plus avant que ne le laissait pressentir l'analyse criticiste de celle-ci; qu'il faut discerner, entre le point inaccessible d'où émane l'expansion du vouloir et le plan où se dessine le résultat extérieur de l'effort, des moments intermédiaires, comportant déjà l'intuition, mais en même temps si simples, si généraux et si efficaces qu'ils ne s'expliquent que par leur proche parenté avec la volonté originelle? En un mot, n'y aurait-il pas, du réel au phénomène, une hiérarchie descendante de formes essentielles, fonctions sensibles de la Volonté? Tel est le problème que Scho-

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