‹ SchopenhauerChapitre 153 sur 266 · Ennead., VI · texte numérisé non relu

Ennead., VI

l'objectivation de la volonté. 229

se rend compte qu'elles diffèrent par l'inégal « degré » qu'y atteint l'objectivation de la Volonté. « Cette objectivation existe à un plus haut degré dans la plante que dans la pierre, dans l'animal que dans la plante. . . ; elle a des dégradations (Abstufungeri) en nombre infini, comme il en existe entre le plus faible crépuscule et le plus clair midi, entre le son le plus intense et l'écho le plus léger1 ». En d'autres termes, nous observons dans la nature une sorte de crescendo infiniment nuancé dans l'élan passionné de la Volonté vers la vie. Sourd et patient dans le minéral, il s'accentue dans le végétal, où l'on voit s'organiser des espèces définies, qui sont autant de manières distinctes de réaliser la vie, — s'exalte chez l'animal, qui met l'instinct au service de ses besoins, — et atteint son paroxysme chez l'homme, dont le cerveau est par excellence un instrument d'action conquérante. Ces degrés du vouloir-vivre sont des Idées. Idée la pesanteur, Idée l'espèce, Idée le caractère de l'homme.

Mais, tout aussitôt, trois questions se pressent : De quelle sorte de réalité les Idées schopenhauériennes sont-elles investies? Suivant quelle hiérarchie sont-elles disposées? Quel mode de connaissance en pouvons-nous avoir?

b. Réalité de Vidée.

L'Idée, répétons-le, n'est pas une dégradation de la Volonté elle-même. Sur ce point, les textes sont formels. De même que la division des objets dans l'espace, de même, la distinction des degrés du vouloir « n'atteint que le phé-

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