‹ SchopenhauerChapitre 154 sur 266 · Monde, ibid., p · texte numérisé non relu

Monde, ibid., p

nomène, c'est-à-dire la visibilité, l'objectivation du vouloir 1 » ; à quelque degré qu'on l'envisage, cette objectivation appartient à l'ordre de la représentation. C'est au point de vue du connaître seulement qu'il parait y avoir une volonté moindre dans le minéral que dans la plante; au point de vue de l'essence, la Volonté est également présente dans tous les degrés de son objectivation et dans tous les phénomènes particuliers où cette objectivation se disperse 2.

c. Hiérarchie des Idées.

Sur le second point, la théorie est beaucoup moins nette. Hanté du souvenir de Platon, chez qui le rayonnement du « soleil intelligible » se mêle d'ombre et devient ténèbres en descendant jusqu'au monde sensible, Schopenhauer nous décrit le monde des Idées comme une hiérarchie descendante de fonctions. Il parle expressément de « dégradations » progressives de la Volonté; il semblerait, dès lors, que l'objectivation de la Volonté dût être à son minimum au dernier échelon de la pyramide, c'est-à-dire dans l'individu. Or c'est tout justement le contraire qu'il affirme : c'est dans l'espèce humaine et, plus encore que dans celle-ci, chez l'individu humain, que la Volonté réalise sa plus parfaite objectivation.

La difficulté est réelle; mais elle s'atténuera singulièrement si, en dépit de Schopenhauer, nous nous refusons à interpréter sa métaphysique par celle de Platon. Rien de plus arbitraire, au fond, rien de plus forcé même, que

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