‹ SchopenhauerChapitre 155 sur 266 · Ibid.y Supplém., ch. xxix, W, II, p · texte numérisé non relu

Ibid.y Supplém., ch. xxix, W, II, p

le rapprochement de ces deux philosophies qui placent à la source du réel, l'une, le pur intelligible, l'autre, le pur irrationnel. A l'encontre de Platon, Schopenhauer n'a vu dans l'intelligence que le dernier outil improvisé par la Volonté pour mieux commander le sensible. Le mouvement des deux philosophies est proprement inverse.

Ce départ fait, le processus d'objectivation de la Volonté chez Schopenhauer ne laisse pas d'être assez cohérent.

Dans sa pure unité, la Volonté en soi ne peut être considérée ni comme un sujet ni comme un objet, puisque les deux termes, objet et sujet, constituent une dualité inséparable. La représentation, au contraire, se définit essentiellement par cette dualité. Si donc la Volonté engendre la représentation, « elle pose d'un seul coup à la fois le sujet et l'objet ». C'est là sa première démarche, la « forme minimum » de toute représentation J.

Or, à cette première étape de son développement, la Volonté n'atteint encore qu'une faible objectivité. En effet, le sujet et l'objet sont identiques dans leur fond, « car tous deux sont en soi la Volonté qui se reconnaît ici elle-même ». Le verre à facettes de l'espace et du temps, qui dispersera leur unité en apparences d'individus et de phénomènes multiples, n'est pas encore interposé entre eux. Le sujet n'est encore que « sujet pur » ; quant à l'objet, inaltéré dans sa pureté, il est encore « Fobjectité immédiate de la Volonté » ; il est « la forme éternelle » de la représentation, il est « l'Idée 2 ». L'Idée, c'est donc le pur objet pensé par le sujet pur, antérieurement à tout déve-

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