‹ SchopenhauerChapitre 163 sur 266 · Monde, Supplém., ch. xxra, W., II, p. 35i · texte numérisé non relu

Monde, Supplém., ch. xxra, W., II, p. 35i

et de Condillac, ont cherché une représentation du monde àlaportée de leur médiocre entendement1? Or qu'est-ce que l'atome, sinon le concept contradictoire d'une matière inétendue ou d'une étendue indivisible? Fût-il même concevable, qu'explique-t-il, s'il est lui-même un fragment de cette matière qu'il est censé expliquer? « Toute cette hypothèse de trémolos et d'atomes éthérés vaut en grossièreté bouffonne les pires conceptions de Démocrite2. » En définitive, l'atome et le mouvement, empruntés au monde de la représentation, n'en peuvent a priori rendre compte; ils sont pris en deçà des forces naturelles qui, elles, sont explicatives, parce qu'elles sont l'objectivation immédiate de l'essence. « Les propriétés physiques ne comportent jamais qu'une explication dynamique3. »

c. Le végétal.

On pressent, a fortiori, qu'il en sera de même des propriétés de la matière vivante. Une philosophie du vouloirvivre devait se trouver particulièrement à l'aise sur le terrain des sciences biologiques ; elle devait voir, dans l'organisation de plus en plus différenciée des êtres, un effort croissant de la Volonté dans le sens de l'individualité. Déjà le cristal, dont Schopenhauer parle souvent, lui paraît marquer une transition entre l'inorganique et la vie ; car il y trouve une première trace d'individuation, « une unité d'effort vers une direction déterminée », une tendance à conserver la forme fixée dans le noyau initial

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