‹ SchopenhauerChapitre 164 sur 266 · Monde, Supplém., ch. xxiv, p · texte numérisé non relu

Monde, Supplém., ch. xxiv, p

3. Ibid., ch. xxiii, p. 353. Voir, sur le mécanisme, les chap. xxxm et xxxiv des Suppléments du Monde et Parerga, II, ch. vi, § 74-77.

(Kerng estait) K Le végétal reproduit, avec une perfection plus grande, la structure du cristal; il est, lui aussi, un agrégat de parties qui s'efforcent de reproduire le modèle fourni par la fibre initiale. Chaque rameau, chaque nervure copie à sa façon le type générateur de la plante, si bien qu'on peut considérer le végétal comme un système de plantes parasitaires greffées sur la plante centrale 2. Mais, du cristal à la plante, quel progrès dans l'objectivation! Le premier devient inerte dès qu'il a réalisé sa forme; s'il est un « essai de vie 3 », il n'est bientôt que « le cadavre d'une vie momentanée4 ». La plante, au contraire, cherche à reproduire l'Idée dont elle est le phénomène, à travers une série mobile de transformations, et cette mobilité l'exposerait à des chances continuelles de destruction, si elle ne se défendait avec une merveilleuse habileté. Dans un très intéressant chapitre de la Volonté dans la nature 5, Schopenhauer a accumulé avec complaisance les preuves de cette souplesse d'adaptation du végétal. Si la racine descend pour demander au sol des sucs nourriciers, si la tige se dresse et s'épanouit pour recueillir le plus possible d'air et de lumière, si le volubilis rampe vers le mur qui le soutiendra, ne sont-ce pas là autant de procédés grâce auxquels le vouloir-vivre assure la conservation de l'individu? Ainsi, à une complexité plus périlleuse, correspond une « plasticité » plus souple, qui en rachète les risques. Cependant tout individu est appelé

1. Monde, I, \ 26, W., I, p. 189. Cf. ibid., \ 28, p. 218 ; % 35, p. 248.

Page 1