‹ SchopenhauerChapitre 165 sur 266 · Monde, I, § 28, W., I, p · texte numérisé non relu

Monde, I, § 28, W., I, p

5. Le chapitre est intitulé Physiologie végétale; il est à lire en entier, W., III, p. 257-277. Sur les plantes, voir encore Monde, Supplém., chap. xvin, p. 234; xxiii, p. 344-347; Parerga, II, g 102.

l'objectivation de la volonté.

à disparaître; mais, par la faculté de reproduction, le vouloir-vivre assure la perpétuité de l'espèce et il met au service de celle-ci les dispositions les plus ingénieuses. Toute fleur est disposée au mieux de la fécondation; la graine vole ou plonge en quête d'un terrain favorable; le germe desséché attend des siècles la goutte d'eau qui lui permettra de se développer. Plasticité et faculté de reproduction sont ainsi les formes végétales de robjectivation de la Volonté * .

Le progrès de cette objectivation du vouloir se manifeste encore, chez le végétal, par un caractère des plus importants. L'inorganique ne témoignait que de l'existence de forces naturelles très générales; l'organique reçoit, avec l'apparition de l'espèce, une complication nouvelle dont la portée est double. Car, d'une part, l'irréductibilité des espèces entre elles prouve que la Volonté, en poursuivant son objectivation, s'est spécifiée en types de plus en plus variés et de moindre extension; d'autre part, au sein même de l'espèce, l'individu introduit toujours quelque distinction irréductible ; il ne reproduit pas intégralement le type de l'espèce, comme la chute d'une pierre résume la pesanteur, il y introduit toujours l'accident2.

Avec la plasticité et l'individualité, nous voici déjà proches de la vie animale. Faut-il aller plus loin et attribuer à la plante une sorte de connaissance, que semble supposer la perfection de son activité défensive et reproductrice? Schopenhauer n'en croit rien. Tout au plus concède-t-il à la plante, en termes très atténués, une sorte d'affectivité, « un faible semblant (Analogon), une simple

1, Monde, Supplém., ch. xxii, W., II, p. 340.

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