‹ SchopenhauerChapitre 166 sur 266 · Ibid., I, g 26, W., I, p · texte numérisé non relu

Ibid., I, g 26, W., I, p

ombre de bien-être et de malaise1 ». Mais il lui refuse catégoriquement toute connaissance proprement dite; nous verrons bientôt la raison précise qu'il en donne. Il admet, pour expliquer l'activité du végétal, une sorte de détermination, qui n'est ni la causalité proprement dite, seule agissante dans le monde physique, ni la motivation, réservée à l'animal; c'est l'excitation (Reiz). Celleci diffère de la causalité physique par l'extrême disproportion quantitative et l'hétérogénéité qualitative qu'on y remarque déjà entre la cause et l'effet ; un léger accroissement de chaleur, par exemple, suffit à éveiller dans la plante une extraordinaire activité. En d'autres termes, le végétal a déjà une énergie propre tendue vers la vie, et il suffit d'un léger appel du dehors pour déterminer cette énergie à jouer son rôle fonctionnel2. En somme, la physiologie végétale de Schopenhauer, comme sa physique, retourne à l'Aristotélisme 3 ; après le mécanisme, et pour les mêmes raisons, c'est l'organicisme qu'elle répudie. Avec Schelling, Schopenhauer s'indigne qu'un Lamarck ait cru « réduire la vie à n'être qu'un simple effet de la chaleur et de l'électricité4, car ces cause physiques ne sont elles-mêmes que des moyens, « l'enclume et le marteau » dont se sert la « force vitale » pour forger l'organisme.

1. Monde, Supplém., ch. xxn, W., II, p. 325. Cf. Vol., WM III, p. 266 : « ein schwaches Analogon oder Surrogat von der Erkenntniss oder Vorstellung ».

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