Lib., ch. H, W., III, p
3. Schopenhauer reproche, à vrai dire, à Aristote d'avoir érigé en « quiddité » l'âme végétative des plantes (Monde, Supplém., ch. xxm, W., II, p. 344). En fait, la ressemblance entre les deux théories l'emporte sur les différences.
4. Monde, Supplém., ch. xvii,W.,1I, p. 201-202. Cf. Vol., préface W., III, p. 181 sq.
l'objectivation de la volonté.
d. V Animal. — L'Intellect.
Avec l'anim alité, c'est encore un « règne » nouveau qui commence soudain. Sans doute, les formes par lesquelles la Volonté s'est déjà objectivée dans la matière et le végétal se retrouvent chez l'animal. Comme la plante, l'animal est plastique et se reproduit; comme elle, il est sensible à l'excitation; on peut même considérer la vie végétative comme la « base » nécessaire de la vie animale l. Mais, sur cette base, un édifice original s'édifie. La vie animale représente un nouvel et puissant effort de la Volonté dans le sens de l'hétérogénéité et de l'individuation.
Ce progrès se résume en un mot : l'animal est pourvu de l'intellect qui manque à la plante. Il connaît (erkênht),\ il a des représentations. Or cette variation capitale est inscrite en traits visibles dans son organisme même. Dans la plante, la réponse de l'activité à l'excitation se faisait spontanément, sans qu'on pût distinguer, dans cette indivisible fonction, la réceptivité de la réactivité. C'est que le végétal n'est pourvu ni de nerfs ni de muscles2. Tout au contraire, l'animal est muni d'un système double de réception et d'exertion; il est « sensible » et « irritable ». Le nerf reçoit l'impression, le muscle s'y adapte. Or cette division fonctionnelle est significative; elle est l'indice qu'un élément nouveau s'est glissé entre l'excitation et la réaction, à savoir le motif. En effet, la fibre musculaire est constamment tendue vers l'action et, en ce sens, on peut considérer l'irritabilité musculaire comme