‹ SchopenhauerChapitre 168 sur 266 · Lib., ch. m, W., III, p · texte numérisé non relu

Lib., ch. m, W., III, p

2. Foi., W., III, p. 250, et Monde, Supplém., ch. xxii, W., II, p. 340.

l'objectivation « immédiate » de la Volonté dans l'animal K Mais l'activité musculaire, précisément parce qu'elle est « volonté pure2 », est, par elle-même, indifférente à la direction qu'elle prendra ; elle n'a pas la sûreté spontanée de l'adaptation végétale. Il faut donc qu'elle reçoive d'ailleurs la détermination du sens dans lequel elle s'exercera, et c'est justement le rôle de la sensibilité de l'éclairer. Or la sensibilité n'est plus la vague impressionnabilité de la plante ; « partout où elle apparaît, elle est déjà accompagnée d'un entendement [Ver stand), c'est-à-dire de la faculté de rapporter un effet ressenti à une cause extérieure3 ». En d'autres termes, elle est un pouvoir de représentation, et, des formes diverses de la représentation, elle emprunte celle de la motivation. Ainsi la Volonté, qui s'objective d'abord chez l'animal sous forme d'irritabilité musculaire, s'y objective encore, mais « de façon médiate et secondaire », sous forme de sensibilité, d'entendement, de connaissance4.

Cette distinction de l'entendement et de la volonté va entraîner, dans la psychologie de Schopenhauer, une série de conséquences extrêmement importantes. La première est une conception toute particulière du système nerveux et, en particulier, du cerveau. Schopenhauer refuse au cerveau et aux nerfs tout pouvoir moteur. Ce n'est pas qu'il ignore la distinction des nerfs sensitifs et moteurs ; il sait aussi que le cervelet joue un rôle dans l'organisation

Page 1