Ibid., p
prises, « l'atelier », « le lieu » des motifs1? On ne peut, dit-il encore, pas plus imaginer une pensée sans cerveau qu'un estomac sans digestion 2.
Il en résulte que, pour la psychologie comparée, cerveau et intelligence apparaissent au même degré de l'échelle des vivants et se développent parallèlement. A tout prendre, ils apparaissent comme des parasites, l'un, de l'organisme, l'autre, de l'esprit, ce qui s'explique puisqu'ils ne sont l'un et l'autre qu'une objectivation secondaire de la Volonté. La vie peut se passer de système nerveux; la plante en est dépourvue et les animaux les plus rudimentaires n'en sont guère mieux munis. En témoignentils moins d'attachement à la vie, moins d'aptitude à s'adapter? Chez les animaux supérieurs, ne distingue-t-on pas deux systèmes nerveux, l'un, le système sympathique, seul indispensable à l'exercice des fonctions vitales, l'autre, le cerveau pensant et ses ramifications, simple organe chargé d'établir les communications avec le dehors? Ainsi le système nerveux et, par rapport à lui, le cerveau apparaissent comme un surcroit, un luxe, un « parasite3 ». Mais hâtons-nous d'ajouter que ce luxe joue un rôle dont l'évolution des espèces fait peu à peu une nécessité. Simple « auxiliaire » au début, l'intellect, avec son instrument, le cerveau, devient un serviteur indispensable. En effet, dans l'échelle ascendante des espèces, plus l'organisation devient complexe, plus multiples aussi deviennent les besoins , plus variés les risques auxquels le vivant est exposé. Aussi le vouloir- vivre même a-t-il armé