‹ SchopenhauerChapitre 171 sur 266 · Ibid., ch. xix, p. 232. Cf. ch. xx, p. 298-299 et · texte numérisé non relu

Ibid., ch. xix, p. 232. Cf. ch. xx, p. 298-299 et

l'objectivation de la volonté.

les espèces supérieures de moyens de défense et d'attaque dont le nombre croit avec celui des dangers et des besoins : sabot, griffe, main, aile, corne ou dent, instincts chasseurs, guerriers ou constructeurs. Mais, plus ces instruments sont variés et délicats, plus est nécessaire la faculté centrale qui en règle et en coordonne l'emploi; et telle est justement la fonction du cerveau, qui est de connaître. Grâce à lui, l'animal perçoit l'objet, même éloigné, ou l'imagine, même absent; il calcule à l'avance le geste qui, tout à l'heure, immobilisera la proie ou écartera l'ennemi1. Inerte en lui-même, l'entendement est « la lanterne qui éclaire les pas de la volonté »2, « l'antenne que celle-ci pousse vers le dehors » 3, pour explorer le champ de l'action prochaine.

§ 4. — La Volonté chez l'homme.

a. L'homme et V animal.

C'est chez l'homme que l'intellect réalise son plus haut degré de perfection. Mais, comme chez l'animal, cette perfection, bien loin d'être l'indice d'une prédilection de la nature, n'est que la compensation d'une complexité plus périlleuse. L'homme est, de tous les vivants, le plus mal outillé pour sa défense ; il n'a ni la force des grands carnassiers, ni l'agilité du singe, ni la vélocité du lièvre, ni la carapace de la tortue ; d'autre part, il est tourmenté de besoins infiniment plus multiples et plus pressants

Page 1