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qu'aucun animal; sa longue enfance le réduit, pendant un quart de sa vie, à mener une existence parasitaire *. A pareil dénuement peut seule suppléer une organisation exceptionnelle de son cerveau. Or, la physiologie comparée en fait foi, aucun encéphale n'est plus riche en circonvolutions, creusé de sillons plus profonds que celui de l'homme; c'est pourquoi le plus déshérité des êtres est aussi le plus redoutable; « le cerveau humain est une arme plus terrible que la griffe du lion 2 » .
Quelle que soit d'ailleurs cette excellence de l'homme, elle n'établit, entre lui et l'animal, qu'une diiïérence de degré, non d'espèce3. Si Schopenhauer a radicalement séparé la vie de l'inorganique, l'animal de la plante, il refuse, en revanche, défaire de l'humanité un « empire » distinct du règne animal. La raison en est claire : l'entendement, qui n'est qu'un instrument secondaire de la volonté, ne saurait suffire à différencier les êtres. C'est pourquoi, bien que l'entendement de l'animal soit assez différent du nôtre pour que nous ayons peine à pénétrer son mode de connaissance, nous comprenons parfaitement et, « en quelque sorte, à priori », la vie animale dans ce qu'elle a de semblable à la nôtre; nous n'hésitons pas à attribuer à la bête des appétits, des colères, des craintes, des haines analogues aux nôtres. Car ces états, qui sont autant de modes du vouloir, « l'homme les a en commun avec le polype4 ».
Cette assimilation de l'homme à l'animal nous dis-