Monde, Supplém., ch. xvm, W, IL, p
2. Monde, I, § 55, W., I, p. 375 sqM et Lib., ch. m, W., III, p. 412-415.
c. La liberté.
Cette théorie de l'entendement offre, fort à point, au psychologue un moyen d'expliquer lïllusiondu libre-arbitre. Nous savons déjà que Schopenhauer refuse toute liberté aux déterminations humaines, en ce sens que la loi de motivation qui les gouverne n'est elle-même qu'une forme des lois nécessaires de la représentation. Mais il sait combien est profonde et tenace la croyance à cette liberté, et il explique, avec une singulière pénétration, l'origine de cette inévitable illusion. L'homme se croit libre, simplement parce qu'il est capable de délibérer, c'est-à-dire de concevoir abstraitement un acte avant que celui-ci s'accomplisse. Gomme l'entendement, simple spectateur, est distinct de la volonté qui exécute, il ignore quel motif, au dernier moment, déterminera celle-ci à agir et, dans cette ignorance, il lui est loisible d'imaginer in abstracto que le choix à venir pourrait indifféremment incliner en deux sens opposés. Mais, quand la décision interviendra, elle dépendra du motif qui la détermine, aussi rigoureusement que l'effet physique dépend de sa cause, puisque l'acte et le motif, appartenant l'un et l'autre au plan de la représentation, qui n'admet point de contingence, y sont unis par un lien nécessaire. « Tous les motifs sont des causes, et toute causalité entraine avec elle la nécessité1. » Une liberté d'indifférence est en soi inconcevable et contradictoire. Objectera-t-on que le motif, s'il détermine la volonté, comme c'est en effet son rôle propre, est du moins lui-même une libre création de l'esprit, le produit même de la délibération, et qu'ainsi