‹ SchopenhauerChapitre 176 sur 266 · Lib., loc. cit., p. 414. Cf. Monde, loc. cit., p. 378 sq · texte numérisé non relu

Lib., loc. cit., p. 414. Cf. Monde, loc. cit., p. 378 sq

l'objectivation de la volonté. 261

l'homme est libre dans la mesure où il peut se détacher de l'action présente pour élaborer les motifs de sa décision? Schopenhauer concède bien qu'il y a là une « liberté relative », qui est le privilège de l'homme. Il admet bien que, là où l'animal est immédiatement contraint par la perception d'un objet présent, l'homme peut se dérober et substituer un motif abstrait à une impulsion concrète !. Mais, si « le fil directeur » des actes humains est plus long, il n'en est pas plus lâche ; la complication des séries causales n'en atténue pas la nécessité, car les motifs eux-mêmes sont toujours des effets, puisqu'ils sont des représentations.

Cependant Schopenhauer reconnaît à la causalité des motifs un caractère spécial qui lui permet, dans une certaine mesure, de maintenir la liberté du vouloir ; il reprend à son compte la distinction du caractère empirique et du caractère intelligible, qui lui parait, entre tous, un « mérite immortel » de la philosophie kantienne2. Par caractère empirique, il entend, avec Kant, la constitution physique et mentale de chaque individu, c'est-à-dire, en termes schopenhauériens, Fobjectivation de l'Idée propre à chaque individu, telle qu'elle se manifeste dans sa physionomie, ses gestes, ses appétits. Or pareille constitution, précisément parce qu'elle est empirique, détermine également le choix des motifs et les impulsions de l'instinct, avec la même rigueur que la nature de l'aimant détermine les oscillations de la boussole. Sans doute, le caractère d'un homme peut nous échapper ; sa conduite peut nous déconcerter; mais qui connaîtrait à fond ce caractère en pourrait prévoir les résolutions avec

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