‹ SchopenhauerChapitre 177 sur 266 · Monde, ibid., § 28, p · texte numérisé non relu

Monde, ibid., § 28, p

la même certitude que l'astronome calcule la date d'une éclipse1. Il est vrai que, si l'ou veut remonter jusqu'à l'origine profonde du caractère lui-même, l'expérience ne suffit plus, car l'expérience ne pourrait expliquer l'individu que par comparaison avec d'autres individus, c'est-à-dire en démêlant, sous les variations particulières, les traits généraux de l'espèce; or, nous le savons déjà, l'homme est plus que l'échantillon anonyme d'une espèce; il est à lui-même son propre type, une objectivation originale de la Volonté. Si Ton donne le nom de caractère intelligible à cette Volonté parvenue à son dernier effort d' objectivation et devenue principe de ce qui apparaît dans la représentation comme individu, on peut voir dans le caractère empirique l'œuvre du caractère intelligible; et, puisque la Volonté est dans son fond liberté, on peut aussi dire du moi intelligible qu'il est libre; car c'est avant toute représentation, en dehors du temps.de l'espace et delà causalité qu'il produit ce qui apparaîtra ensuite, dans l'étendue et la durée, comme le véhicule delà causalité. C'est en cesens que Schopenhauer a pu écrire, après Schelling- : « Tout homme est ce qu'il est par sa volonté ; son caractère est originel, car le vouloir est la base de son être... ; il est son œuvre propre avant toute connaissance, et celle-ci s'ajoute simplement à cette œuvre pour l'éclairer3 ». Théorie profonde, que l'expérience confirme ; car il est trop vrai que nous ne connaissons qu'à l'user notre propre caractère; et, lors même que nous croyons l'avoir démasqué, que d'appétits insoupçonnés surgissent!

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