‹ SchopenhauerChapitre 180 sur 266 · Monde, I, § 27, W.t I, p · texte numérisé non relu

Monde, I, § 27, W.t I, p

l'ordre, éclaire la finalité immanente et la transforme en finalité consciente, en un mot, restitue l'identité au sein de l'absolu, mais une identité consciente, pénétrée d'intelligence et d'amour. Autrement grave est le conflit qui, dans la philosophie de Schopenhauer, dresse les unes contre les autres les créations du vouloir-vivre; car le conflit tient à l'essence même de la Volonté, à cette « irrationalité » foncière d'où l'harmonie ne saurait naître. L'intelligence n'étant que la plus tardive des inventions du vouloir-vivre, il ne saurait y avoir de plan préconçu dans la nature ni de collaboration entre les forces qui l'animent. Chaque objectivation du vouloir, chaque Idée a en quelque sorte sa vie propre et « tend à manifester son essence de façon indépendante et complète1 »; par exemple, la pesanteur et l'aimantation se disputent opiniâtrement un morceau de fer. Ce combat est particulièrement intense entre les forces qui apparaissent à des degrés inégaux de l'objectivation de la Volonté. Car, bien que les forces supérieures soient irréductibles aux inférieures, puisqu'elles y ajoutent un élément qualitatif absolument nouveau, cependant le terme même d' « ajouter » implique que le supérieur emprunte à l'inférieur un élément durable qu'il utilise, élabore et enrichit. C'est ainsi, nous l'avons vu, que la vie « utilise » les processus physico-chimiques, et que ceux-ci supposent à leur base des réactions purement mécaniques. Ainsi, dans une certaine mesure, le supérieur absorbe l'inférieur; et, puisque celui-ci tend à persévérer dans sa forme, l'absorption ne peut se produire sans effort d'une part, sans résistance de

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