Monde, Supplém., ch. xxn, W., II, p
l'objectivation de la volonté.
pages, et jusque dans les mêmes phrases, Schopenhauer associe l'expression de l'idéalisme le plus radical au langage du plus grossier matérialisme. Il nous semble cependant que cette désinvolture même aurait dû mettre les exégètes en garde contre une critique trop précipitée. Si le langage de Schopenhauer est à ce point négligent, c'est, sans doute, que l'auteur sent sa position assez forte pour le dispenser des précautions verbales. 11 n'ignore nullement l'apparente contradiction de sa thèse; il fait front aux attaques qu'il pressent, qu'il provoque lui-même, et ramène l'adversaire au point de vue d'où la contradiction se résout d'elle-même. Ce point de vue est celui-là même auquel il faut toujours revenir pour comprendre le système, à savoir la distinction du subjectif et de l'objectif. Appliquons cette distinction au problème des rapports du cerveau et de la pensée : en tant qu'objet, je ne connais pas directement mon propre cerveau 1 ; mais je connais celui d'autrui et des animaux, et j'y trouve un objet comme les autres, soumis aux lois communes de la représentation. J'apprends, par expérience, que cet objet exerce, dans chaque animal, la fonction spéciale et exclusive de connaître, que la représentation tout entière est, pour tout être conscient, le phénomène propre de son cerveau, et j'ai le droit d'affirmer que mon cerveau, que je connais indirectement et par analogie, est aussi le support de toute ma représentation. C'est là le point de vue de l'objet, qui est aussi celui de la science. Tout autre est le point de vue subjectif. A ce point de vue, je me connais simplement comme sujet connaissant; ce que j'appelle objet, n'a