‹ SchopenhauerChapitre 186 sur 266 · Monde, Suppl., ch. xx, p · texte numérisé non relu

Monde, Suppl., ch. xx, p

de sens que par rapport à ce sujet et j'ai le droit de dire, à ce point de vue, qui est celui de la critique, que le monde est ma représentation, sans excepter le fragment de représentation que j'appelle mon cerveau. Il n'y a nulle contradiction à juxtaposer cette thèse physique : « le cerveau est la condition physiologique du phénomène intellectuel, » à cette thèse métaphysique : « le cerveau, comme toute matière, n'est rien de plus que la représentation du sujet ^ ». On peut ajouter même que la conception originale de la matière, dans la philosophie de Schopenhauer, diminue pour lui les difficultés auxquelles se heurtent aussi bien le dualisme cartésien que le matérialisme. La matière, comme la substance, n'est chez lui rien de plus que la causalité. En affirmant que la connaissance est « le produit du physique », il n'affirme rien de plus qu'une relation de causalité constante entre deux groupes de phénomènes objectifs; c'est là une thèse purement empirique, sans prétention métaphysique et que la science admet. Quant au point de vue métaphysique, cerveau et connaissance sont également des objectivations de la Volonté; il n'y a plus à chercher entre eux de différences d'essence ni de relation de causalité. Un seul problème demeure : c'est que le sujet voulant soit en même temps sujet de la connaissance. Mais c'est là, Schopenhauer l'a déclaré vingt fois lui-même, le miracle xax1 èÇo^v, l'hypothèse que rien n'explique parce qu'elle explique tout.

1. Sur cette question, voir notamment, ibid., p. 302-4; ch. xxn, p. 318- 320; Vol., W., III, p. 220 et 272.

Page 1