‹ SchopenhauerChapitre 190 sur 266 · Ibid., I 33, p · texte numérisé non relu

Ibid., I 33, p

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dans l'espace une sorte de solidité apparente; c'est une ligne sans épaisseur, le long de laquelle glisse un point. Toute notre existence se résume en ce point, « existence sans largeur ni profondeur », de toute part limitée par le néant1. Or cette nature du temps est l'indice d'une impuissance radicale de la représentation à contenir l'être; car le temps, nous le savons, est la première forme sensible sous laquelle s'objective la Volonté; il est le « type original » des autres formes de la perception ; comment donc n'en pas conclure que la Volonté, dès ses premières démarches, n'a pu engendrerqu'unêtre contradictoire, une dérision d'être2? Et, là où l'être s'évanouit, quelle place reste t-il pour le bonheur, si toute joie éprouvée n'est déjà plus qu'un souvenir, s'il est interdit à l'homme d'arrêter la volupté qui passe pour en contempler, ne fût-ce qu'un instant, les traits au repos? « Emporté sans trêve dans un tourbillon mobile, tout être se presse, vole et ne se tient droit sur la corde qu'à force d'avancer et de se mouvoir 3. »

§ 3. — L'inanité de la vie et de l'amour.

Encore l'homme se consolerait-il de se consumer en efforts, si ceux-ci tendaient à une fin qui valût d'être recherchée. Or ce n'est pas assez de dire que la fin est ardue, car l'homme est beau joueur et le droit d'espérer le relèverait des pires défaites ; — pas assez même de déclarer le but inaccessible, car il serait beau encore de s'en rap-

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