‹ SchopenhauerChapitre 196 sur 266 · Ibid., p. 408. Cf. p. 412. Cf. § 58, p. 413 sq · texte numérisé non relu

Ibid., p. 408. Cf. p. 412. Cf. § 58, p. 413 sq

l'accident, c'est le plaisir, car il n'est senti qu'à titre d'état second, comme la suspension provisoire du besoin. Et nous le sentoDs bien, car, au milieu de la joie la plus vive, la moindre douleur, la piqûre d'une épine, suffit, en dissipant cette joie, à nous rappeler à la réalité, c'està-dire au sérieux de la souffrance. « Nous sentons la douleur, non l'absence de douleur; nous seutons le souci, non l'absence de souci; la crainte, non la sécurité... Nous remarquons douloureusement, dès qu'ils nous manquent, l'absence des plaisirs et des joies; au contraire, la disparition de la douleur, même quand elle suit une longue épreuve, n'est pas immédiatement sentie. C'est pourquoi nous n'éprouvons pas en eux-mêmes, tant que nous les possédons, les trois plus grands biens de la vie, santé, jeunesse et liberté ; il faut les perdre pour en sentir la valeur, car ils ne sont que des négations1. » C'est pourquoi encore nul plaisir ne peut durer; l'accoutumance nous y rend insensibles, parce qu'il n'est dans la vie qu'un accessoire; la douleur, au contraire, se rappelle impérieusement à nous dès que nous tentons de nous en distraire; et l'on s'accoutume si peu à souffrir, que l'excès des maux exaspère notre sensibilité et nous rend irritables au plus léger contact2.

g 5. — Le bilan de la vie humaine. — Les femmes. Le progrès.

Telle est, dans ses grandes lignes, l'armature théorique du pessimisme de Schopenhauer. Peut-être l avons-nous

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