‹ SchopenhauerChapitre 198 sur 266 · Monde , I, % 59, p · texte numérisé non relu

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dienne, que voit-on? Chaque jour apporte son travail, son souci; chaque instant, quelque duperie nouvelle; chaque semaine, son désir ou sa crainte; chaque heure, ses déboires1. Pénètre-t-on au cœur de l'homme? C'est pour y trouver la contradiction, les luttes de l'intelligence et de la volonté, la bassesse, la vanité, la sottise ou la méchanceté. Entre hommes, c'est la mêlée des appétits, la guerre qui se poursuit jusque sous les dehors hypocrites de la sociabilité, la coalition des médiocres contre toute supériorité réelle, l'isolement, le « martyre » du génie 2.

Il y a une partie de l'humanité pour laquelle Schopenhauer a été particulièrement cruel, ce sont les femmes. Nous savons qu'il avait des raisons très personnelles de leur en vouloir; dès l'enfance, il souffrit de l'égoïsme de sa mère et, plus tard, il semble n'avoir goûté qu'à des amours tourmentés. Sa rancune fut tenace; il est curieux, en effet, de noter que c'est surtout dans les Parerga 3, alors qu'il avait rompu depuis longtemps avec sa mère et avec les femmes, qu'il donna libre cours à son humeur misogyne. Au reste, en ce point encore, la satire prend pied sur la métaphysique. La femme semble à Schopenhauer radicalement inférieure à l'homme, « sexus sequior », parce qu'elle est accaparée par sa mission physiologique et ne s'élève guère à la vie désintéressée de l'esprit. Tout révèle qu' « elle n'existe que pour la propagation de l'espèce » : sa beauté passagère, simple piège dressé par la nature à l'appétit viril 4, sa force mé-

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