‹ SchopenhauerChapitre 205 sur 266 · Ibid., ch. xl vi, p · texte numérisé non relu

Ibid., ch. xl vi, p

nisme, — qui ont dénoncé une « faute originelle » à la source de la vie1 ; car il est juste, d'une « justice éternelle », que la Volonté, qui a assumé la responsabilité de créer l'être, supporte, dans la douleur de chacune de ses créatures, la punition du « crime d'être né2 ». Et, du même coup, la vie qui semblait sans emploi dans un monde sans finalité, reçoit de la conscience du sujet conscient une orientation pratique; elle devient « une tâche, un pensum à exécuter3 » , à savoir, de défaire l'œuvre mauvaise de la création, de piétiner cette fausse idole qu'est la bonne nature, de remonter à la source de l'être pour la tarir à jamais.

Ainsi la vie est une impasse, au fond de laquelle se meurtrit quiconque s'obstine à persévérer dans l'être. Mais celui qui sait ne désespère pas ; car l'issue reste ouverte derrière lui. Il marchera vers la délivrance et, chemin faisant, il trouvera dans les joies de l'art un premier allégement au mal, une première purification de la faute de vivre.

C'est cette première forme de la délivrance qu'il nous faut d'abord étudier.

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