‹ SchopenhauerChapitre 208 sur 266 · Nouv. Paralip., IN., IV, p · texte numérisé non relu

Nouv. Paralip., IN., IV, p

5. Grisebach a recueilli, dans les Nouveaux Paralipomènes, la plupart de ces notes. (N.5 IV, ch. iv, §§ 119-143, p. 101-114).

l'art libérateur. — l'esthétique. 307

plusieurs passages des Parerga exposent la théorie dans toute sa variété.

Théorie, disons-nous, et non analyse. Car ce qu'il y a de plus frappant, dans ces pages, c'en est le caractère systématique, disons même franchement étroit. En définissant le génie l'aptitude à la vision intuitive des Idées, Schopenhauer contestait d'avance à la découverte scientifique tout caractère de génialité : car la science, se bornant à expliquer les choses par le principe de raison suffisante, est exclusivement discursive. Aussi, dans la liste assez brève des grands hommes qu'il admet au rang des génies , on ne trouve presque aucun nom de savant ; seul Cuvier est cité en passant grâce à la grosseur exceptionnelle de son cerveau1. Schopenhauer refuse même expressément tout génie au mathématicien ; celui-ci, en effet, étudie, dans l'espace et le temps, les formes les plus générales du principe de raison, et non l'idée aperçue en dehors de toute relation sensible2 ; d'autre part, il procède « pas à pas, sur un terrain solide », s'attardant docilement aux lenteurs de la déduction, tandis que le génie accède, par une soudaine « envolée », à l'intuition du vrai3. A plus forte raison, l'érudit, le savant spécialiste, le Fachgelehrte n'a-t-il pas besoin des clartés qui illuminent le génie. Schopenhauer le compare finement à l'ouvrier d'industrie, qui fabrique, avec « une incroyable virtuosité », toujours « la même vis, le même crochet ou le même manche », et ne sait rien de la machine à laquelle est destiné l'objet; ou encore au Quasimodo de Victor Hugo, familier avec le

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