‹ SchopenhauerChapitre 21 sur 266 · TJeber das Sehn unddie Farben · texte numérisé non relu

TJeber das Sehn unddie Farben

l'imprimer. L'avis demandé ne vint pas et, en dépit des lettres pressantes, dont l'une est un véritable chef-d'œuvre de fierté déférente et d'impatience respectueuse1, le grand écrivain se déroba. Peut- être éprouvait-il quelque dépit à voir se dresser en adversaire le disciple de la veille2; peut-être, simplement, sentait-il l'inutilité d'une discussion entre esprits orientés, « l'un vers le Nord, l'autre vers le Sud3 ». Schopenhauer, lassé d'attendre, se résigna à publier son ouvrage4 sans avoir obtenu l'avis de Gœthe. Cependant les relations restèrent courtoises entre les deux écrivains. Mais elles s'espacèrent peu à peu, pour cesser bientôt (1819).

Aussi bien la théorie des couleurs n'est -elle qu'un moment très secondaire dans l'activité de notre philosophe. Libre de ce souci, il se consacre tout entier à l'élaboration de son grand ouvrage. Nous sommes fort peu renseignés sur la façon dont il le composa. Aucun ami ne semble avoir reçu la confidence précise de sa méthode de travail. Nous savons simplement que la rédaction proprement dite dura du printemps 1817 au printemps 1818. Mais quelle passion créatrice lui inspire sa tâche, c'est ce que nous laisse entrevoir une lettre à Gœthe : « Je tiens de vous-même que, pour vous, l'activité littéraire a toujours été secondaire, et la vie réelle l'essentiel. Chez moi,

t. Lettre du 11 novembre 1815, Schem., p. 81. La correspondance entre Schopenhauer et Gœthe se trouve également dans l'édition Grisebach des œuvres complètes W., VI, p. 217-46.

2. Cf. Lettre de Gœthe au conseiller d'État prussien Schultz, du 19 juillet 1816, citée par Griseb., W., VI, p. 188. C'est, en tout cas, l'explication que donnait Schopenhauer du silence de Gœthe. Cf. l'Introduct. de la 2e éd. de La vision et les couleurs,^., VI, p. 19.

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