Supplém., ch. xxx, W., II, p
l'art libérateur. — l'esthétique. 323
tinction nouvelle entre les degrés de la beauté, celle du beau et du sublime. Schopenhauer note expressément que cette distinction n'est point dans les choses Il n'y a point d'objet naturellement sublime. Mais tantôt nous arrivons sans effort à l'état de pure contemplation, par le simple évanouissement de la volonté; en ce cas nous éprouvons simplement le sentiment du beau ; — tantôt, au contraire, il nous en coûte des combats pour imposer silence aux appels de l'égoïsme ; un conflit peut surgir entre la beauté qui sollicite nos yeux et tel sentiment égoïste qui réclame notre action; en ce cas, si l'admiration l'emporte, l'objet en est comme agrandi à nos propres yeux et nous goûtons dans sa profondeur le sentiment du sublime. Si, par exemple, au milieu d'une tourmente, alors que la violence des éléments déchaînés nous rappelle au sentiment de notre faiblesse, nous maîtrisons notre angoisse et nous abîmons dans la contemplation de ces forces qui peuvent nous détruire, alors ce triomphe de l'intuition sur la volonté éveille en nous une volupté supérieure, le pur sentiment du sublime. C'est là, et Schopenhauer aurait dû le reconnaître, une conception analogue à celle de Kant, qui avait signalé déjà, dans le sentiment du sublime, la conscience de la supériorité des forces morales sur la violence physique 2.
Au sublime s'oppose le piquant3. Tandis que le beau s'élève au sublime quand il devient objet de contemplation pure, malgré les résistances de la volonté, il s'abaisse