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SCHOPENH AUER .
versité allemande, enseigne, en quelques semestres, le cycle complet des connaissances philosophiques; il annonçait, au contraire, qu'il se bornerait, en logique, en morale et en droit, aux questions d'origine et à la discussion des principes1, que, d'ailleurs, il enseignerait en un seul semestre toute la philosophie, — sa philosophie2; — vivantes, car il s'adressait à l'étudiant, comme à un interlocuteur, le prenait à partie, lui supposait des besoins d'esprit qu'il voulait satisfaire, des préjugés qu'il s'appliquait à dissiper; il lui donnait des conseils3, lui indiquait des méthodes de travail. Mais vivantes surtout étaient ces leçons par leur hardiesse polémique, par le dédain qu'elles témoignaient pour les philosophes à la mode, dont quelques-uns enseignaient à Berlin même, à quelques pas du nouveau venu. Dans l'intention trop évidente de lui disputer des auditeurs, Schopenhauer n'avait-il pas choisi, pour ses conférences, l'heure même où enseignait Hegel? S'il ne désignait pas son collègue par son nom, du moins ne craignait-il pas de déclarer « sans importance et insignifiant » tout ce que la philosophie allemande avait produit depuis Kant4; il allait plus loin, il stigmatisait « les produits sans nombre, éphémères, les phénomènes en partie monstrueux qui constituent l'histoire de la philosophie des trente dernières années5 ». Or, ces trente années avaient vu paraître Y Introduction à la doc-' trine de la science de Fichte (1797), la Phénoménologie de