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VIE DE SCHO PENHAUER . 45

l'esprit de Hegel (1807), le Système de V idéalisme transcendental de Schelling (1800) i. En revanche il exaltait Kant et Gœthe, citait longuement le premier Faust. Ainsi rien ne manquait à cet enseignement de ce qui pouvait attirer la curiosité et l'entretenir, fût-ce au prix du scandale.

Cependant, l'échec fut complet, et Schopenhauer le sentit si irrémédiable qu'il n'affronta pas l'auditoire plus d'un semestre. A vrai dire, il laissa son nom figurer pendant onze ans sur le « catalogue » de l'université de Berlin ; il persista même à annoncer, chaque semestre, le sujet de son cours, sauf pendant les quatre années (1822- 1826) qu'il allait consacrer aux voyages. Mais, en fait, son enseignement cessa en août 1820 pour ne jamais reprendre.

L'échec, à vrai dire, n'est qu'à demi surprenant; la brièveté même de l'essai suffirait à l'expliquer, sans qu'il soit besoin d'invoquer, comme le fit sans preuve Schopenhauer, la cabale des « professeurs de philosophie » . Qu'un docteur de province inconnu n'ait pas réussi à éclipser, en un semestre, la réputation d'un Hegel, rien n'est en soi moins étonnant. Mais le renoncement, disons mieux, la défaite volontaire du privat-docent est plus difficile à justifier. Kuno Fischer en propose une explication ingénieuse2. Schopenhauer avait pris sa propre doctrine comme thème de son enseignement ; or les thèses fondamentales du Monde comme volonté et comme représentation constituent une ma-

1. Fichte avait enseigné à Berlin; Hegel et Schleiermacher y professaient encore. Schopenhauer ne pouvait guère les attaquer en chaire. Mais il s'en prend expressément aux « écrits insupportables et ennuyeux de Schelling et plus encore des schellingiens ».

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