‹ SchopenhauerChapitre 238 sur 266 · Gw., op. cit., p · texte numérisé non relu

Gw., op. cit., p

LA MORALE

ment dans les Aphorismes sur la Sagesse de la vie1, véritable manuel de l'art de s'accommoder de la médiocrité et de la méchanceté des hommes. En son genre, ce chapitre des Parerga est un chef-d'œuvre. N'oublions pas, d'ailleurs, que Schopenhauer avait traduit Y Oracle de la sagesse de Balthazar Gracian. Sans doute il y a quelque outrance à parler, comme l'a fait un critique récent, de 1' « optimisme » de Schopenhauer2; du moins pourrait-on sans effort dégager de son œuvre et de sa vie un eudémonisme pratique très cohérent et très avisé. Cependant, nous laisserons de côté cette morale d'empirisme pur, pour n'envisager que celles qui se rattachent par un lien ferme à l'ensemble du système.

g 2. — La morale de la justice.

C'est un trait original de la morale schopenhauérienne de ne poser à son point de départ que des notions négatives. Réalisation d'un idéal de perfection, obéissance à un commandement divin, adhésion à un ordre universel reconnu par la raison, soumission à l'impératif du cœur ou de la raison, solidarité humaine ou progrès social, aucune des notions positives qui ont servi d'axe aux morales tant anciennes que modernes ne joue le moindre rôle dans celle de Schopenhauer. La première notion que nous rencontrons au seuil de son éthique est celle d'injustice, et ce qu'il aperçoit, avant tout autre sentiment, au fond du cœur de l'homme, ce sont les « mobiles anti-moraux 3 ».

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