‹ SchopenhauerChapitre 249 sur 266 · Ibid., lout le g · texte numérisé non relu

Ibid., lout le g

est-elle possible, et par quelles voies? Il n'est pas très aisé de le déterminer. Schopenhauer a-t-il entrevu l'idée grandiose, que reprendra Ed. von Hartmann, d'une sorte de « suicide cosmique »? Sans doute; il s'est trop inspiré des doctrines de l'Inde pour n'avoir pas été séduit par la pensée du « Nirvana ». Il connaît la promesse faite aux saints du Bouddhisme : « Tu arriveras au Nirvâna, là où tu ne trouveras plus ces quatre choses, la naissance, la vieillesse, la maladie, la mort1. » Il a même, au passage, « admis » que, si l'humanité disparaissait par la simple pratique de la chasteté, l'animalité, qui en est « le reflet affaibli », s'évanouirait et que le monde, perdant avec la connaissance l'illusion de l'existence, « sombrerait au néant2 ». Et peut-être serait-ce là la conclusion logique de tout le système. Mais il faut reconnaître que Schopenhauer n'a nullement insisté sur cette conception, qu'il l'énonce même, au passage, comme une simple réflexion incidente. Ses premiers disciples, Asher et von Doss, ne manquèrent pas d'en être choqués. Il y a plus : dans les dernières pages du Monde, où il s'efforce de préciser le concept de Nirvana, Schopenhauer se défend de l'assimiler au pur néant. Sans doute, pour l'entendement vulgaire, qui aperçoit dans le sensible le type parfait du réel, l'abolition de la représentation équivaudrait à l'anéantissement total; « mais, à l'inverse, pour ceux qui ont converti et aboli la volonté, c'est le monde actuel, ce monde si réel avec tous ses soleils et ses voies lactées, qui est : Rien 3 ». Le Monde s'achève par cette phrase énigma-

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