‹ SchopenhauerChapitre 29 sur 266 · Lettre du 21 mai 1824, Schem., p · texte numérisé non relu

Lettre du 21 mai 1824, Schem., p

3. Griseb., Gespr., p. 110; cf. ibid., p. 86 et lettre à Asher, Griseb., Lettr., p. 433.

SCHOPENHA UER .

secouer au vent les exemples que nous donnent les hommes de leur méchanceté et de leur sottise, mais sachons les mettre à profit comme autant à" alimenta misanthropie^. Quant aux amis, nous avons vu qu'il néglige les meilleurs. Faut-il ajouter que les rares lettres d'amitié qui datent de cette période contiennent toutes quelque demande de service? Pas une ne procède du simple besoin d'épanchement. Même indifférence à l'égard de la vie publique. Socialement, Schopenhauer n'est rien, et à peine cherchet-il à être quelque chose. Il écrit bien, en 1827, au conseiller ïhiersch, qu' « il est bon d'occuper quelque place déterminée dans la société civile », et manifeste quelque velléité d'enseigner dans une université de l'Allemagne du Sud2. Mais il ne semble pas qu'il ait tenté le moindre effort pour réaliser ce vœu. A vrai dire, il ne s'est jamais senti aucune obligation vis-à-vis de son temps ni de son pays. « La patrie allemande, a-t-il noté en 1840, n'a développé en moi aucun patriotisme 3. »

Quel est donc, encore une fois, le bilan de ces douze années? Faut-il nous résoudre à supposer chez notre philosophe, à l'âge de la pleine virilité, une sorte d'abaissement général du « ton vital », un flétrissement précoce du génie? L'hypothèse a été soutenue par un médecin, et c'est bien ici l'occasion de discuter le « cas » Schopenhauer. D'après Karl von Seidlitz4, en effet, Schopenhauer n'était rien moins que fou quand il fuyait le choléra sur le crédit d'un songe. Et il faut avouer que les arguments

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