Nouv. Paralip., N., IV, p
4. A. Schop. vom medicin. Standpunkt aus betrachtet, Dorpat, 1872.
ne manquent pas en faveur de la thèse. C'est d'abord une hérédité inquiétante. La grand'mère de Schopenhauer, Anne-Renée Soermans, fut déclarée folle et mise en tutelle après la mort de son mari. De ses trois fils, l'ainé, Michel- André, resta faible d'esprit; le second, au témoignage de Johanna, était « à moitié fou de débauche » ; le troisième, Floris, le père du philosophe, unit à une vive intelligence un caractère violent, obstiné, inflexible. Du côté maternel, le père de Johanna passe pour si irascible que ses emportements font trembler toute la maison1. Arthur a donc de qui tenir l'excessive irritabilité de son humeur. Il y a plus. D'après Gwinner, il a été, toute sa vie, en proie à des terreurs anormales, à de véritable « phobies » 2. A six ans, il se trouve seul un instant au cours d'une promenade et s'imagine que ses parents veulent le perdre. Étudiant à Berlin, il se croit atteint de phtisie, et bientôt bat en retraite au premier bruit de guerre. Plus tard, la petite vérole le chasse de Naples et le choléra de Berlin. La nuit, le moindre bruit le bouleverse; il craint les cambrioleurs, place toujours des pistolets chargés à portée de sa main et dissimule les coupons de ses valeurs au milieu de vieilles lettres. Il ne soupçonne autour de lui que pièges et traquenards, et ne se fie à personne. N'écrit-il pas ses comptes en anglais, voire en latin ou en grec! S'il reste méconnu, si les étudiants désertent ses leçons, c'est que les « professeurs » ont organisé contre lui la conspiration du silence. Bref, c'est un inquiet. Il écrit vers 1830 : « Quand je n'ai rien qui m'inquiète, cela même m'inquiète, car il me semble alors qu'il doit y avoir quelque chose qui justement me
1. Voir, pour plus de détails, Griseb., Schop., Gesch. s. Leb., chap. i.