Cf. Lettre à Aubert de Vitry, Schf.m., p
3. Theoria colorum physiologica, au t. III des Scriptores ophtalmologie) minores, Leipz., Voss, 1830. Voir la correspondance avec Badius (1829-30), Scuem., p. 155-170.
4. Dans un livre de comptes de 1830, on trouve cette mention : Honoraires pour la traduction du Prophet of St. Pauls. On n'a pu retrouver aucune autre donnée sur cette traduction. Cf. Griso., VaI. u. ]ned.,\). 13.
vieillesse et que l'attention publique, enfin éveillée, s'est plu à noter les gestes, les manies, les boutades du célèbre misanthrope; c'est là, enfin, qu'il a connu ses premiers disciples et entretenu avec eux une correspondance que ceux-ci ont pieusement conservée.
Cependant cette période est de beaucoup la moins intéressante. Elle n'a plus rien de cette inquiétude passionnée qui rend si pathétiques l'adolescence et la jeunesse du philosophe. Si morose et si méfiant qu'il demeure, Schopenhauer a désormais atteint toute la sérénité dont il est capable. Par résignation, peut-être, plus encore que par vertu, mais aussi sans regrets ni retours, il a renoncé au « démon des voyages1 », à l'amour, à la famille, à l'enseignement; en revanche, il restera jusqu'au bout lucide, curieux, et les deux seules passions qui animeront sa vieillesse, le souci d'achever son œuvre et la soif de la popularité, lui apporteront de tardives mais consolantes réparations.
Désormais sa vie est sans incidents. Il déménage une dernière l'ois, en 1836, et s'installe sur un quai de la rive droite du Main, appelé Bellevue, dans un rez-de-chaussée assez modeste qu'il ne quittera plus. L'année précédente, il avait fait une excursion de quatre jours sur les bords du Rhin. Dorénavant il ne quittera plus Francfort que pour de rares excursions d'un jour. Il n'ira pas même jusqu'à Bonn , où se sont retirées sa mère et sa sœur. Mais il sort tous les jours, l'après-midi, quelque temps qu'il fasse, et fait, à travers la campagne, une longue promenade. Chaque jour, aussi, il va prendre ses repas à l'hôtel d'Angleterre et lire