‹ SchopenhauerChapitre 38 sur 266 · Lettre à Asher, 18 août 1860, Griseb., Lettr., p · texte numérisé non relu

Lettre à Asher, 18 août 1860, Griseb., Lettr., p

les journaux au casino. Il passe tout le reste de son temps dans son cabinet, orné du buste de Kant, des portraits de Gœthe et de Descartes, et d'une statuette thibétaine à laquelle il attache un grand prix1. Un caniche, Atma, est son seul compagnon ; car il aime les bêtes, les chiens surtout, autant que la vue des hommes lui répugne2. Il lit, médite ou écrit; et parfois il se repose en jouant sur la flûte un motif de Haydn ou quelque air italien.

Dans cette existence monotone, les moments de la production philosophique méritent seuls de compter. Hâtonsnous de les énumérer pour n'y plus revenir.

Depuis longtemps, nous l'avons vu, Schopenhauer songeait à une seconde édition de son grand ouvrage. Il avait écrit, en 1832-iune première préface en vue de cette édition3. Mais, d' « insignifiante », la vente de la première édition était tombée à néant et l'éditeur avait envoyé au pilon la plus grande partie des exemplaires restant. Mieux valait tenter une publication nouvelle. Elle se trouvait toute prête dans les cahiers du philosophe. Depuis la publication du Monde, il avait lu assidûment les œuvres des naturalistes, des biologistes, des médecins, et ces lectures le convainquaient de l'intime coïncidence de sa propre métaphysique avec la science positive. Celle-ci lui semblait discerner dans toute la nature les manifestations infiniment variées d'une même volonté de vivre ; ainsi savants et métaphysiciens ressemblent aux mineurs qui, des deux côtés de la montagne, creusent les galeries d'un tunnel et

1. Lettres à FrauenstUdt, 7 avril, 13 mai, 6 juin 1856, Griseb., Letlr.t p. 328 et suiv.

2. Voir à cet égard un curieux fragment des Nouv. Paralip., N., IV, p. 363.

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