Cf. ibid., 14 juin, p
les lettres pressantes de son client1, et la seconde édition du Monde y enrichie d'un volume de compléments, parut à Leipzig*, en 1844.
Trois ans plus tard, paraissait une seconde édition « très améliorée et considérablement augmentée » de la thèse de doctorat sur la Quadruple racine du principe de raison suffisante ~. A vrai dire, la première ne s'était pas mieux vendue que celle du Monde; mais l'éditeur de Rudolstadt avait fait faillite et les exemplaires invendus avaient subi le sort commun des ouvrages mis au rebut. Or on pouvait lire dans la préface de la première édition du Monde que, pour qui ignorerait la thèse de 1813, « l'intelligence du présent ouvrage était absolument impossible3 ». Il fallait donc remettre entre les mains du lecteur la clef du système désormais élaboré dans toutes ses parties.
Vaine précaution ! Ni la seconde édition de la thèse, ni celle du grand ouvrage, ni la Volonté dans la nature, ni les deux dissertations académiques ne trouvaient acheteurs. L'obstination agissante de l'auteur se butait à l'obstination passive du public, et l'on est presque tenté d'excuser Schopenhauer d'avoir imaginé, denière cette conspiration du silence, une véritable « conjuration » des philosophes d'université. Mais il était beau joueur et, tout en injuriant le public, ne se lassait pas de tenter une partie qui semblait irrémédiablement perdue. Puisque les philosophes organisaient contre lui la cabale de la jalousie et de la peur , il passerait pardessus leurs chaires et s'adresserait au grand public. Tout homme n'est-il pas un philosophe qui s'ignore, un « animal