‹ SchopenhauerChapitre 42 sur 266 · Chez Chr. Herrmann, Francfort · texte numérisé non relu

Chez Chr. Herrmann, Francfort

métaphysique » ? Il renoncerait donc à l'appareil dialectique, si léger cependant, qui étayait ses ouvrages précédents, et il reprendrait à nouveau, sous forme d'essais accessibles à tous, ou même de pensées détachées, d'aphorismes brefs, quelques-uns des grands thèmes essentiels de sa philosophie : les rapports de l'idéal et du réel, la destinée individuelle, le spiritisme, l'universelle douleur, le suicide, l'instinct sexuel, etc. C'est en 184-5 qu'il commence à classer et à retoucher ces morceaux, dont beaucoup ne sont que la mise au point de notes antérieures. Il écrit sans hâte, en patient ouvrier de style, soucieux de simplicité et de clarté, visant au trait incisif et frappant1. En 1850, l'ouvrage est prêt. Mais comment faire accepter aux éditeurs deux volumes massifs, signés d'un nom obscur? Ceux qu'il a déjà associés à sa mauvaise fortune, Brockhaus et Herrmann, refusent nettement de courir de nouveaux risques, bien qu'il renonce à tout bénéfice. Dietrich, de Gœttingue, reste sourd à tout appel. Enfin un disciple, dévoué à la gloire du maître, Frauenstaedt, dont nous reparlerons bientôt, persuade un libraire de Berlin de tenter l'entreprise, et les Parerga et Paralipomènes paraissent au mois de novembre 1851 2.

Cette fois, l'œuvre est bien complète ; « le cycle est achevé », écrira -t-il bientôt à Frauenstaedt 3. Il ne songera plus, désormais, qu'à rééditer ses œuvres à mesure du besoin. Car, après trente année de déboires, il avait enfin visé juste et le succès soudain des Parerga, non seule -

1. Cf. les réflexions sur le style, Parerga, W., V, § 283, notamment p. 549-

2. Parerga und Paralipomena (mot à mot : Accessoires et restes), 2 vol.. chez A.-W. Hayn, Berlin, 1851, W., IV et V.

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