Griseb., Lettres, p
ment le consacrait le premier des essayistes allemands, mais, par un effet de récurrence qu'il avait prévu, éveillait l'attention sur ses écrits méconnus et le mettait hors pair parmi les philosophes du siècle. Dès la fin de décembre 1851, un simple journal, les Jahreszeiten de Hambourg, consacrait aux Parerga un article « presque enthousiaste » de deux colonnes *. Le Litterarische Centralblatt de Berlin, il est vrai, s'exprimait sur un tout autre ton. Vengeance de quelque « docent » ! s'écria Schopenhauer : « Le ver se tord quand on l'écrase2 ». N'importe! Les pires critiques valaient mieux que le silence. Bientôt la presse étrangère se mêlait au concert. John Oxenford, dans un article pénétrant de la Westminster Review3, annonçait au public l'irruption d'un « iconoclaste » dans la philosophie allemande; Saint-René-Taillandier, en France, révélait Schopenhauer aux lecteurs de la Revue des Deux-Mondes !i .
Mais il y a plus; devançant la popularité, quelques disciples de choix avaient salué en Schopenhauer le maitre d'une école nouvelle Ce n'étaient pas, on pouvait s'y attendre, des professionnels, mais de simples particuliers, que le hasard des lectures avait mis sur la voie de sa philosophie : un avocat deWiesbaden, J.-Aug. Becker; un juge de Magdebourg, F. Dorguth; un professeur privé, juif d'origine russe , Julius Frauenstaedt ; un juriste bavarois, Adam von Doss; un journaliste berlinois, E.-O. Lindner ; un professeur d'anglais de Leipzig, David Asher; un professeur de gymnase, Bahnsen; un étudiant en droit