‹ SchopenhauerChapitre 44 sur 266 · er août 1856, p · texte numérisé non relu

er août 1856, p

de Dresde, Cari Baehr, etc. Aucun d'eux n'avait approché Schopenhauer avant de le lire, et, au surplus, la plupart ne se connaissaient pas entre eux. Il n'entrait, dans la conquête de ces premières admirations, aucune part d'ascendant personnel ni de contagion imitative; la doctrine seule avait gagné les disciples et leur inspirait le désir de se rapprocher du maître, sans doute parce qu'il n'en est aucune qui rappelle de façon plus tragique les problèmes individuels que la réflexion sur la vie impose nécessairement à toute conscience. En veut-on des exemples typiques? Bahnsen écrit à Schopenhauer : v< Un besoin invincible de ne pas rester étranger à l'homme qui, parmi les vivants, a produit le plus puissant changement dans ma pensée en général et, en particulier, dans le jugement que je porte sur mon existence, me porte à vous consacrer ces lignes » La première lettre de von Doss est plus touchante encore 2. C'est un hymne de pieuse gratitude. Tourmenté d'angoisse métaphysique, en proie à de cruelles souffrances physiques, von Doss, âgé de vingtsix ans, trouve dans le Monde l'explication de la douleur et une efficace leçon de sérénité. C'est son chemin de Damas : « Les écailles me tombèrent des yeux; je m'écriai, pour la première fois de ma vie, avec toute la force de ma conviction, dans une ivresse joyeuse : eûpiQKa, eupijxa! » Un autre, Dorguth, souhaite de connaître l'anniversaire de la naissance du philosophe pour le célébrer, avec ses filles, comme une fête de famille3. Aussi quelques-uns de ces premiers fidèles viennent-ils le visiter dans sa retraite. Tous

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