Lettre à v. Doss, 10 mai 1852, Schem., p
entrent en correspondance avec lui. Nous avons conservé quelques-unes de leurs lettres et la plupart des réponses de Schopenhauer1. Elles témoignent, de la part des disciples, d'une admiration sans borne, à laquelle se joint, chez quelques-uns, un abandon affectueux et tout confidentiel. Mais, il faut bien l'avouer, cette correspondance n'offre qu'un intérêt philosophique assez mince. Schopenhauer ne souhaitait pas qu'on la publiât, estimant qu'elle ne contenait « aucune pensée nouvelle 2 ». Deux raisons expliquent la médiocrité philosophique de ces lettres. C'est d'abord que les premiers disciples n'étaient que de braves gens, sans personnalité bien marquée. Nous n'en exceptons pas même le plus aimé d'entre tous, celui que Schopenhauer se plaisait à appeler apostolus activuSy militans, strenims et acerrimus*, Frauenstaedt, esprit médiocre, dont le zèle devait si mal servir la mémoire de son maître. Aucun, sauf Lindner et Bahnsen, n'était à proprement parler philosophe, ni même qualifié pour entretenir avec le maître une controverse vraiment vivante. Aussi bien, et c'est là la seconde raison, le caractère du maître n'était pas fait pour maintenir très haut le niveau des lettres. Il entrait une sorte de condescendance hautaine dans la bonne grâce avec laquelle il accueillait le dithyrambe outré d'un Frauenstaedt, comme la louange plus discrète et plus émue d'unBanhsen. Il ne consentait guère aux discussions, laissant, disait-il, son système « se justifier lui-même
t* Les lettres de Schopenhauer à Becker, Frauenstaedt, von Doss, Lindner et Asher se trouvent dans l'éd. Griseb. des LeMres. L'éd. Schemann contient les lettres à von Doss et les réponses de ce dernier, celles adressées à C. Baehr et la correspondance avec Bahnsen.