‹ SchopenhauerChapitre 52 sur 266 · Gvv., p · texte numérisé non relu

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4. Parerga, W., IV, p. 548 (Vom Unterschiede des Lebensallers).

LE CARACTÈRE

cette fougue sans relâche et sans remords qui met tant d'hommes passionnés à l'abri des troubles de conscience ? Non; nous l'avons dit plus haut, c'est un inquiet. Une sorte de nostalgie de l'innocence le poursuit dans la jouissance et en gâte la saveur. Le voluptueux poème de jeunesse que nous citions naguère se poursuit par ces vers qui rappellent la mélancolie de Faust à l'appel des cloches de Pâques : « Que j'aimerais me bercer dans les parfums, voler dans les espaces, plein de piété, d'admiration, éclatant de joie, et baigné d'humilité! » Jusque dans la vieillesse, il enviera vainement la sérénité des saints. Un jour, en présence de Gwinner, il regarde longuement le portrait du fondateur de la Trappe, l'abbé de Rancé, et s'en détourne avec un geste douloureux, en murmurant : « C'est l'affaire de la grâce 1 ! »

Ainsi, et c'est là une première contradiction dans son caractère, ce mélancolique est en même temps un passionné. Il n'a eu ni assez de naïveté pour se donner tout entier à la joie de vivre, ni assez d'énergie morale pour s'en détacher. Et voici une autre contradiction qui n'a pas été pour lui moins douloureuse que la première : il est à la fois, dans sa jeunesse du moins, incapable de vivre seul et impropre à se donner tout entier. Jeune, il a eu, dit-il, « quelque penchant à la sociabilité2 ». L'un de ses amis, von Quandt, va jusqu'à vanter la tendresse de son cœur3, et, de fait, partout où il a séjourné avant les années de crise, à Gœttingue, à Dresde, à Rome, il a récolté des amitiés dont quelques-unes, malgré la rareté des échanges,

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