CHAPITRE IV
LES SOURCES
En étudiant la vie et le caractère de Schopenhauer, nous avons exploré déjà l'une des sources principales de sa philosophie, source tout intérieure, à laquelle il emprunte l'accent personnel, à la fois tragique et ironique, de son œuvre. Nous n'y reviendrons pas; mais il nous reste à déterminer les sources extérieures et les origines proprement philosophiques du système.
S 1. — Le romantisme.
Il convient, tout d'abord, d'accorder une place, et non la moindre, à l'influence du temps et du milieu. Schopenhauer appartient à la génération des romantiques allemands; il est lui-même, moins que Schelling et que Schleiermacher, mais plus encore que Fichte et que Hegel, l'un des philosophes du romantisme. On s'en est aperçu un peu tard. C'est en 1864, seulement, que Rud. Haym s'avise, en passant, de ce rapprochement1. Trente ans plus tard, Rud. Lehmann reconnaît dans la philosophie